Un pionnier à découvrir

Le Grand spectacle

Chaque année, l’aménagement de l’espace du Grand spectacle est primordial. Il faut que tous les spectateurs aient une expérience agréable lors de l’événement, tout en permettant l’accès à un maximum de personnes. La place des Festivals est divisée en plusieurs sections, dont le bar, l’Espace Privilège, une section pour les personnes à mobilité réduite et plusieurs autres.

L’Espace Ludger-Duvernay est quant à lui réservé aux partenaires de la Fête, aux représentants politiques et aux consuls internationaux. Il permet ainsi de faire connaître notre tradition aux différentes instances politiques d’ici et d’ailleurs.

Le nom de l’espace n’est pas sans hasard! Sans doute avez-vous déjà entendu ce nom auparavant, sans vraiment vous en être aperçu. Il s’agit en fait du fondateur de la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: Ludger Duvernay (1799-1852).

Le fondateur

Afin de rassembler ses compatriotes et leur permettre de «réaliser leur idéal», il organise le 24 juin 1834, un grand banquet patriotique pour célébrer l’unicité des Canadiens-Français de l’époque. Plusieurs hommes politiques y sont présents, dont Edmund Bailey O’Callaghan, Louis Perrault, Thomas Storrow Brown, Édouard-Étienne Rodier, Louis-Hippolyte La Fontaine, George-Étienne Cartier et le maire de Montréal, Jacques Viger.

Né en 1799 à Verchères, Ludger Duvernay est reconnu pour son talent de journaliste et d’imprimeur. Dès ses 14 ans, il travaille comme apprenti typographe à Montréal. Il crée alors trois journaux : la Gazette des Trois-Rivières en 1817, le Constitutionnel en 1823 et l’Argus en 1826. Un quatrième journal, nommé la Minerve, est l’un des principaux outils de promotion pour le Parti Canadien (patriote) de Louis-Joseph Papineau avant la rébellion.

Duvernay étant membre du parlement en 1837, il doit fuir au Vermont lorsque la Rébellion des Patriotes explose. Il trouve tout de même le moyen de publier le Patriote Canadien lors de son exil. Il revient au pays en 1842.

Il décède en 1852 et trois ans plus tard, afin d’honorer sa mémoire, la société de la Saint-Jean-Baptiste érige un monument commémoratif qu’on peut trouver au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

On peut y lire sur la façade principale :
« À la mémoire de Ludger Duvernay, Ecr., comme fondateur de la Société nationale canadienne de Saint-Jean-Baptiste, décédé le 28 novembre 1852, à l’âge de 53 ans et 10 mois. La Société Saint-Jean-Baptiste fut fondée en 1834 et incorporée en 1849».

Hommage

Partie intégrante de notre histoire, cet homme est le pionnier de la Fête nationale d’autrefois. Bien qu’elle ait connu de nombreuses modifications pour devenir telle que nous la connaissons aujourd’hui, Duvernay a contribué à faire reconnaître les Québécoises et Québécois pour leur culture, leur langue et leur singularité. C’est pourquoi aujourd’hui, on continue de l’honorer en réservant un espace qui porte son nom.

Source : Société Saint-Jean-Baptiste, Programmes 1932-1944. Fête nationale des Canadiens-Français. Montréal, Saint-Laurent.

Auteur

Claudia Leblond